Le président ougandais Yoweri Museveni a annoncé, le 18 mai 2026, le report des célébrations de la Journée des Martyrs de l’Ouganda prévues le 3 juin prochain, en raison des inquiétudes sanitaires liées à la résurgence de l’épidémie de Maladie à virus Ebola signalée dans l’est de la République démocratique du Congo.
Cette décision exceptionnelle intervient alors que des milliers de pèlerins avaient déjà entamé leur déplacement vers le sanctuaire de Namugongo, principal lieu des célébrations situé près de Kampala.
Chaque année, cette grande rencontre spirituelle rassemble des centaines de milliers de fidèles catholiques, anglicans et d’autres confessions, venus de plusieurs pays d’Afrique de l’Est, d’Afrique centrale, notamment de la République démocratique du Congo, du Kenya, de la Tanzanie, du Rwanda, du Soudan du Sud et de partout ailleurs.
Dans son message, le chef de l’État ougandais a demandé aux pèlerins déjà en route de regagner leurs localités respectives afin de limiter tout risque de propagation de la maladie. Il a également appelé la population au strict respect des mesures sanitaires édictées par les autorités médicales, tout en invitant toute personne présentant des symptômes suspects à les signaler rapidement aux services de santé.
Par ailleurs, les autorités sanitaires ougandaises surveillent actuellement plusieurs pèlerins en provenance des villes de Butembo et Beni, dans l’est de la RDC. Arrivés sur le territoire ougandais le 15 mai dernier, ces derniers sont hébergés dans le district de Kasese District, où leur voyage vers Namugongo a été temporairement suspendu dans le cadre des mesures préventives prises par le gouvernement.
Cette mesure de report traduit la vigilance accrue des autorités ougandaises face à la menace d’une propagation transfrontalière d’Ebola dans la région des Grands Lacs, caractérisée par d’importants mouvements de populations entre la RDC et l’Ouganda, particulièrement lors des grands rassemblements religieux.
La Journée des Martyrs de l’Ouganda demeure l’un des événements religieux les plus emblématiques du continent africain. Elle commémore le sacrifice de 45 chrétiens catholiques et anglicans exécutés entre 1885 et 1887 sous le règne du roi Mwanga II, pour avoir refusé de renier leur foi chrétienne.
Malgré ce report inédit, plusieurs responsables religieux appellent déjà les fidèles à maintenir l’esprit de prière et de communion à travers des célébrations locales, dans l’attente d’une amélioration de la situation sanitaire dans la région.
Nazaire Ozia le bon

