La Journée nationale de l’enseignement a été observée ce jeudi 30 avril dans un climat de sobriété à Ariwara, en chefferie des Zaki, dans le territoire d’Aru, en province de l’Ituri. En raison des journées de ville morte décrétées depuis le 27 avril par la société civile locale pour protester contre la recrudescence de l’insécurité, aucune manifestation officielle n’a été organisée à cette occasion.
Cette mobilisation citoyenne, largement suivie dans la région, vise à dénoncer la détérioration persistante de la situation sécuritaire, particulièrement à Ariwara, principal centre commercial et véritable poumon économique du territoire d’Aru. Depuis plusieurs mois, les habitants font face à une montée des actes de criminalité, notamment des cambriolages, des vols à main armée et d’autres formes de violence qui perturbent profondément la vie quotidienne.
D’après les constats effectués sur place par la rédaction de Aruactualité.com, les établissements scolaires de la chefferie se sont conformés au mot d’ordre de la société civile. Contrairement aux années précédentes, aucune activité commémorative, ni cérémonie festive, n’a été organisée pour marquer cette journée traditionnellement consacrée à la valorisation du métier d’enseignant et à la reconnaissance de son rôle dans la formation de la jeunesse.
Dans plusieurs écoles, des préparatifs avaient pourtant été engagés en amont. Des répétitions, des décorations ainsi que diverses activités culturelles et pédagogiques étaient envisagées pour célébrer cet événement annuel. Mais la dégradation du contexte sécuritaire a contraint les responsables scolaires à suspendre toutes les initiatives prévues.
Au sein du corps enseignant, la déception est palpable. Plusieurs enseignants regrettent que cette journée symbolique, habituellement célébrée avec enthousiasme, soit passée presque inaperçue en raison de la conjoncture actuelle.
« Après la suspension de certaines activités, nous faisons face aujourd’hui aux journées de ville morte, au point de voir notre propre journée annuelle être éclipsée. Notre territoire et notre chefferie méritent mieux. Nous appelons les autorités compétentes à redoubler d’efforts pour restaurer durablement la paix. Il est regrettable que cette journée si importante pour nous soit ainsi sacrifiée », confie un enseignant sous couvert d’anonymat.
Au-delà de la frustration, cette situation met en lumière la résilience du personnel enseignant, qui continue d’exercer sa mission dans un environnement souvent marqué par l’incertitude. Malgré les difficultés, les enseignants demeurent mobilisés pour assurer la continuité de l’éducation, considérée comme l’un des piliers essentiels du développement communautaire.
Pour de nombreux observateurs, l’interruption de la célébration de la Journée nationale de l’enseignement constitue un symbole fort de l’impact de l’insécurité sur tous les secteurs de la vie sociale. L’éducation, qui devrait être un espace de stabilité, d’épanouissement et d’espoir, se retrouve elle aussi affectée par un climat d’insécurité persistant.
Les acteurs éducatifs, tout comme l’ensemble de la population, réitèrent leur appel aux autorités nationales, provinciales et locales afin que des mesures concrètes et durables soient prises pour rétablir la sécurité dans la région. Ils estiment que seule une paix retrouvée pourra permettre la relance du développement économique, scolaire, social et tant d’autres de la chefferie des Zaki.
Cette édition 2026 de la Journée nationale de l’enseignement restera ainsi gravée dans les mémoires comme une célébration marquée par le silence, la réflexion et un appel unanime à la paix.
Nazaire Ozia

