La coordination de la société civile de Mahagi tire la sonnette d’alarme. Face à une migration massive des bras valides vers les zones minières, le territoire craint une dévitalisation de son économie rurale et une précarisation accrue de sa jeunesse.
Le constat est amer et les chiffres inquiétants. En territoire de Mahagi, les villages se vident de leur force vive. Attirés par les mirages de l’or ou d’autres ressources minières, des centaines de jeunes quittent chaque mois leurs terres natales dans l’espoir d’un avenir meilleur. Une quête de dignité qui, trop souvent, se heurte à une réalité brutale.
Si les zones minières promettent des gains rapides, la réalité du terrain est tout autre : précarité extrême, exploitation physique, insécurité galopante et déscolarisation. Pour la société civile, cet exode n’est pas seulement un mouvement migratoire, c’est une hémorragie qui menace l’équilibre même du territoire.
« Il est temps de réagir », déclare avec fermeté Innocent Wabekudu, président de la société civile de Mahagi. « Nous voyons notre jeunesse s’éteindre dans des puits de mine alors que nos terres restent en friche. »
Pour stopper cette dynamique, la société civile interpelle directement les décideurs. Selon Innocent Wabekudu, la solution ne peut être que structurelle. Les recommandations portent sur trois axes prioritaires :
- Le soutien à l’agriculture : Mécanisation et accès aux intrants pour rendre le travail de la terre attractif.
- L’entrepreneuriat local : Création d’emplois directs pour les jeunes diplômés et non-diplômés.
- Les infrastructures de base : Désenclavement des villages par la réhabilitation des routes, des écoles et des centres de santé.
Loin de se contenter d’un constat de crise, la société civile se veut force de proposition. Elle appelle les jeunes à un changement de paradigme : considérer la terre non plus comme un fardeau, mais comme une entreprise.
« Il y a des opportunités réelles dans l’agriculture, il faut juste savoir les saisir », martèle le président Wabekudu.
L’organisation plaide pour la promotion de l’agriculture familiale et surtout pour la transformation locale des produits agricoles, seul moyen de créer de la valeur ajoutée et des revenus décents sur place.
La société civile se dit prête à collaborer étroitement avec les autorités territoriales et les partenaires au développement pour mettre en œuvre des solutions durables. L’objectif est clair : redonner espoir à une jeunesse désabusée et garantir un développement équilibré sur l’ensemble du territoire de Mahagi.
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