Une inquiétude face à la montée du khat (Mairungi)
Face à la recrudescence de la consommation du khat, communément appelé Mairungi dans le territoire d’Aru, le journaliste chercheur et leader d’opinion Nazaire Ozia Rigo a lancé un appel pressant à la jeunesse pour qu’elle abandonne cette pratique qu’il considère comme une menace grandissante pour la santé et l’avenir du territoire.
S’exprimant ce mardi 16 juin 2026 à aruactualité.com à la suite d’un constat effectué dans plusieurs coins du territoire, il s’est dit préoccupé par la banalisation de cette substance psychoactive devenue de plus en plus visible chez les jeunes.
Le khat : une illusion de performance aux effets dangereux
Selon lui, le khat (Catha edulis) est une drogue dont les effets stimulants peuvent donner temporairement l’illusion de la force, du courage et de la performance. Toutefois, ces effets s’accompagnent de risques importants pour la santé physique, mentale et sociale des consommateurs.
« La jeunesse constitue la principale richesse du territoire d’Aru. Nous ne pouvons pas rester silencieux pendant qu’une partie de nos jeunes s’enfonce dans la dépendance à une substance qui compromet leur santé, leurs études, leur travail et leur avenir », a déclaré Nazaire Ozia Rigo.
Des conséquences sanitaires préoccupantes
Les spécialistes de la santé rappellent que la consommation régulière du khat peut entraîner des troubles psychologiques tels que l’anxiété, l’irritabilité, les troubles du sommeil, la dépression et, dans certains cas, des troubles psychiatriques durables.
Sur le plan physique, elle est associée à l’hypertension artérielle, aux maladies cardiovasculaires, aux troubles digestifs et à d’autres complications graves.
Des impacts sociaux et économiques dans le territoire d’Aru
Au-delà des conséquences sanitaires, Nazaire Ozia Rigo souligne également les répercussions sociales et économiques observées dans plusieurs communautés d’Aru. Il cite notamment la baisse du rendement scolaire, l’abandon des études, les conflits familiaux, l’agressivité, la perte de revenus et la précarisation de nombreux jeunes qui consacrent une grande partie de leurs ressources à l’achat quotidien du Mairungi.
Un appel à l’action de l’État et des communautés
Face à cette situation, il appelle également l’État congolais et les autorités locales à s’impliquer davantage dans la lutte contre ce phénomène.
Il estime que le gouvernement doit renforcer les campagnes de sensibilisation sur les dangers du Mairungi, encadrer sa commercialisation et mettre en place des politiques de prévention et d’accompagnement des jeunes touchés par la dépendance.
« Le gouvernement a le devoir de protéger la jeunesse contre tout ce qui compromet son avenir. L’État, les familles, les leaders communautaires, les confessions religieuses et la société civile doivent unir leurs efforts pour mettre fin à la propagation du Mairungi dans le territoire d’Aru », a-t-il insisté.
Des alternatives pour la jeunesse
Le journaliste chercheur encourage également la création d’espaces de loisirs, de centres d’encadrement et de programmes d’entrepreneuriat afin d’offrir des alternatives concrètes aux jeunes exposés à la consommation de drogues.
Un message d’espoir et de prévention
Il rappelle par ailleurs que la dépendance au khat peut être surmontée malgré les difficultés du sevrage, notamment la fatigue, la nervosité, les troubles du sommeil et les envies de reprise, et encourage les familles et professionnels de santé à accompagner les personnes concernées.
À travers ce message, Nazaire Ozia Rigo appelle la jeunesse d’Aru à choisir la santé, l’éducation, le travail et l’entrepreneuriat plutôt que la drogue.
« Dire non au Mairungi aujourd’hui, c’est protéger son avenir et contribuer au développement du territoire d’Aru », a-t-il conclu.
Références sanitaires internationales
Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et plusieurs organismes internationaux spécialisés, l’usage prolongé du khat est associé à des risques importants pour la santé physique et mentale, ainsi qu’à une dépendance pouvant affecter durablement la qualité de vie des consommateurs.
Rédaction

