De la province de l’Ituri à celle du Haut-Uele, le voyage entre Aru, Durba et Faradje se transforme pour de nombreux usagers de la route en une véritable épreuve. C’est le constat dressé par Parquet Madhira Job journaliste à la Radio communautaire Simba et directeur général du média en ligne aruactualite.com au terme d’un déplacement effectué sur cet axe du nord-est de la République démocratique du Congo.
Selon le journaliste, un trajet qui devrait normalement durer environ trois heures trente peut se prolonger jusqu’à six, voire huit heures en raison de la succession de nombreuses barrières et de points de contrôle installés le long de la route.
«J’ai traversé plus de 20 à 30 barrières pour effectuer un trajet de 3 h 30. Je n’ai pourtant quitté ni la RDC ni même la province » témoigne Parquet Madhira Job qui dénonce une situation devenue préoccupante pour les voyageurs.
D’après son constat, les contrôles se succèdent presque sans interruption. Dans les véhicules privés même lorsque les documents sont en ordre, les occupants seraient régulièrement contraints de débourser de l’argent à différents points de contrôle. Dans les bus et autres moyens de transport en commun, les passagers doivent parfois descendre à plusieurs reprises pour présenter leurs documents notamment leur carte d’électeur.
« Le même contrôle. Les mêmes questions. Les mêmes documents. Les mêmes prélèvements » déplore-t-il.
Cette succession de barrières ne serait pas sans conséquence sur la vie des populations. Elle ralentit les déplacements, augmente le coût du transport et contribue à la hausse du prix des marchandises. Les commerçants, les voyageurs et les transporteurs sont ainsi les premiers à subir les conséquences de cette situation.
Le journaliste dénonce également certaines attitudes qu’il qualifie d’intimidantes et d’humiliantes de la part de quelques agents affectés à ces différents points de contrôle.
«Lorsque vous demandez calmement pourquoi vous devez encore payer ou présenter les mêmes documents, certains vous répondent par l’intimidation : “Maman na yo nde atiya ngai awa ? Keba, petit !” »rapporte-t-il.
Pour Parquet Madhira Job de tels propos sont incompatibles avec la mission des représentants de l’autorité publique, qui sont appelés à protéger les citoyens et à garantir leur sécurité.
«Contrôler ne signifie pas humilier. Porter une arme ou un uniforme ne place personne au-dessus du citoyen » estime-t-il.
Dans son témoignage, le journaliste compare également cette situation à certains de ses déplacements entre la République démocratique du Congo et l’Ouganda. Il affirme pouvoir parcourir de longues distances sans être arrêté tous les quelques kilomètres, les contrôles les plus importants intervenant généralement au niveau de la frontière.
Cette comparaison l’amène à s’interroger sur la situation vécue par les citoyens à l’intérieur même de leur propre pays.
«Comment voulez-vous développer une province lorsque chaque route devient un lieu de prélèvement ? » s’interroge-t-il.
Pour lui chaque barrière supplémentaire est susceptible d’augmenter le prix du transport le coût des marchandises et la durée des voyages, tout en favorisant les risques de corruption et en renforçant la méfiance de la population envers les institutions publiques.
Parquet Madhira Job estime que les autorités doivent revoir le système de contrôle sur les axes routiers reliant Aru, Durba et Faradje. Il appelle à une meilleure coordination entre les différents services de l’État afin d’éviter la répétition des mêmes contrôles et de réduire les tracasseries imposées aux voyageurs.
Il reconnaît que les contrôles peuvent être nécessaires pour des raisons de sécurité, particulièrement dans une région confrontée à plusieurs défis sécuritaires. Cependant, il insiste sur la nécessité de les organiser de manière rationnelle, transparente et respectueuse des droits des citoyens.
«Sécuriser une route ne signifie pas installer vingt caisses de perception. Contrôler ne signifie pas humilier.»
Le journaliste appelle ainsi les autorités provinciales et nationales à prendre des mesures concrètes pour faciliter la libre circulation des personnes et des biens et améliorer les conditions de déplacement dans cette partie du pays.
«Kinshasa n’est pas la RDC » rappelle-t-il, estimant que les réalités vécues par les populations dans les territoires éloignés des grands centres de décision doivent également être prises en compte dans les politiques publiques.
À travers son témoignage, Parquet Madhira Job, journaliste à la Radio communautaire Simba et directeur général du média en ligne aruactualite.com, souhaite attirer l’attention des autorités sur la nécessité de faire des routes des véritables « corridors de développement » et non des espaces où les voyageurs sont confrontés à des contrôles répétitifs, à des retards et à des prélèvements dont la justification n’est pas toujours clairement établie.
Pour lui « la sécurité doit protéger le citoyen, la route doit rapprocher les peuples et l’autorité publique doit servir la population ».Cette version est prête pour une publication sur aruactualite.com ou sur les réseaux sociaux, avec un ton plus direct et plus accrocheur.
Rédaction

