La Société civile Force vive du territoire d’Aru, dans la province de l’Ituri, hausse le ton face au maintien de plusieurs barrières qu’elle qualifie d’illégales sur les principaux axes routiers du territoire. Réunie en assemblée générale extraordinaire ce samedi 8 août 2026 dans la salle polyvalente de la Fédération des entreprises du Congo (FEC) à Aru, cette structure citoyenne a donné un délai de 72 heures aux autorités compétentes pour faire appliquer la décision relative à la suppression de ces postes de contrôle, à compter du samedi 08 août 2026.
Cette décision intervient dans un contexte marqué, selon la Force vive, par la persistance de barrières érigées par des hommes en uniforme. Ces dispositifs sont accusés de perturber la libre circulation des personnes et des biens et d’exposer les usagers à diverses formes de tracasseries.
L’ultimatum a été annoncé par Isaa Atsidri Traoré, responsable de la Société civile Force vive du territoire d’Aru, lors d’une interview exclusive accordée à Aruactualité.com, en présence de plusieurs représentants de la société civile venus des différentes chefferies et du secteur composant le territoire d’Aru.
La rencontre a également réuni des représentants de la notabilité ainsi que le député provincial Antoine Mopepe Agamile, présent au nom des élus du territoire d’Aru.
Au cœur des préoccupations soulevées figure le non-respect, selon la Force vive, de la décision du gouverneur militaire de l’Ituri, Kasongo Mulumba Batoka Gaby, portant suppression des barrières jugées illégales.
Pour Isaa Atsidri Traoré, le maintien de ces postes de contrôle malgré les instructions de l’autorité provinciale constitue une situation préoccupante qui affecte directement la population.
« Je remercie toutes les composantes de la société civile Force vive du territoire d’Aru venues des différentes chefferies et du secteur pour la tenue de cette rencontre. Cette assemblée nous a permis de fixer certaines orientations, notamment dans le cadre de la préparation des élections qui pointent à l’horizon », a-t-il déclaré.
S’agissant spécifiquement des barrières, le responsable de la Force vive a annoncé un ultimatum de 72 heures aux responsables concernés, tout en appelant l’autorité provinciale à veiller à l’application effective de sa décision.
« Je voulais donner un ultimatum de 72 heures à tous ceux qui ont érigé des barrières illégales et qui troublent la quiétude de la population. Dans une correspondance signée par le gouverneur militaire de la province de l’Ituri, il avait été demandé de supprimer ces barrières. Chose grave, malgré cette décision de l’exécutif provincial, elle semble être négligée par ceux qui sont chargés de son exécution », a-t-il déploré.
La Force vive demande ainsi aux autorités provinciales de prendre des mesures concrètes afin de mettre un terme à ce qu’elle considère comme des pratiques de tracasserie et de garantir la libre circulation des personnes et des biens sur l’ensemble des axes concernés.
« Nous demandons simplement, avec toute la politesse, à l’autorité provinciale de réagir afin d’accompagner la vision du chef de l’État, Son Excellence Monsieur le Président de la République démocratique du Congo, Félix-Antoine Tshisekedi, garant de la nation », a poursuivi Isaa Atsidri Traoré.
Au-delà de la problématique des barrières, l’assemblée générale extraordinaire a également permis aux participants d’examiner plusieurs questions liées au développement et aux infrastructures du territoire d’Aru.
Les échanges ont notamment porté sur la construction du pont Ovoa, l’asphaltage des voiries urbaines d’Aru, ainsi que la réhabilitation de l’axe Apinaka-Aga, reliant la chefferie des Aluru-Adranga à Aga, dans la chefferie des Zaki.
Pour les participants, la matérialisation de ces projets apparaît comme une priorité pour améliorer la mobilité, faciliter les échanges commerciaux et renforcer les conditions de développement économique du territoire.
La question de la préparation des prochaines échéances électorales a également figuré parmi les sujets abordés au cours de cette rencontre, avec un appel à la mobilisation et à la responsabilité des différentes composantes de la société.
À l’issue des travaux, les participants ont salué la tenue de cette assemblée extraordinaire, estimant qu’elle a permis de faire remonter plusieurs préoccupations de la base et de dégager des orientations pour les prochaines étapes.
« Nous félicitons le président et toute son équipe d’avoir convoqué cette assemblée générale extraordinaire. Cette rencontre nous a également permis de palper du doigt certaines réalités au sein des différentes structures juvéniles. Nous pensons qu’à l’étape suivante, les choses vont bien se dérouler, dans l’intérêt général de la population aruvaise », a témoigné un participant.
Avec cet ultimatum de 72 heures, la Société civile Force vive du territoire d’Aru entend désormais placer les autorités compétentes devant leurs responsabilités. Elle attend, dans ce délai, des mesures effectives et vérifiables pour faire lever les barrières qu’elle qualifie d’illégales et rétablir une circulation normale sur les axes concernés.
Job Parquet Madhira

