La République démocratique du Congo s’engage dans une nouvelle séquence politique marquée par les tensions autour du dialogue national, du projet de référendum constitutionnel et de la crise sécuritaire persistante dans l’Est.
Le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo a ouvert la voie à l’organisation d’un dialogue national inclusif, à la suite des consultations menées avec les confessions religieuses. Une initiative accueillie avec prudence par l’opposition.
Réunie au sein de la Coalition Article 64 (C64), une partie de l’opposition réclame la convocation officielle du dialogue avant le 15 août 2026. Elle exige notamment le respect de la Constitution et rejette toute démarche susceptible d’ouvrir la voie à un troisième mandat présidentiel. À défaut d’avancée d’ici cette échéance, la coalition menace de reprendre ses mobilisations.
De son côté, l’ancien président Joseph Kabila, à travers la plateforme Sauvons la RDC, pose sept conditions pour participer à un éventuel dialogue. Il réclame notamment un processus inclusif organisé dans un pays tiers, l’examen des causes profondes de la crise, des résolutions contraignantes, l’abandon préalable du projet référendaire ainsi que des mesures de décrispation politique.
Le camp Kabila estime par ailleurs qu’un dialogue placé sous l’autorité de Félix Tshisekedi manquerait de crédibilité et demande un mécanisme international de suivi.
Ces divergences interviennent alors que la Cour constitutionnelle a validé la loi organique relative au référendum, une décision vivement contestée par l’opposition. Pour cette dernière, le débat constitutionnel constitue une ligne rouge.
À cela s’ajoute la crise sécuritaire dans l’Est, où les affrontements impliquant notamment l’AFC/M23 continuent de peser sur la stabilité du pays.
À l’approche du 15 août, l’enjeu sera désormais de savoir si les différents camps peuvent s’accorder sur les règles, les garanties et la composition d’un dialogue capable de réunir les principales forces politiques congolaises.
Le dialogue apparaît ainsi comme une possible voie de sortie de crise, mais également comme un nouveau terrain de confrontation politique.
Rédaction

