La divagation des animaux devient une source croissante de préoccupation pour les cultivateurs de Laybo, dans le groupement Mobiri, en territoire d’Aru (Ituri ) . Face à la destruction répétée des cultures, des voix s’élèvent pour demander l’intervention urgente des autorités administratives et coutumières afin de protéger les biens des cultivateurs et de préserver la cohabitation pacifique entre agriculteurs et éleveurs.
Dans une interpellation citoyenne adressée le 27 juillet 2026 au chef de groupement Mobiri, Martin Abedjoa Pario, citoyen résidant à Laybo, rapporte la destruction de plusieurs de ses champs. Il affirme notamment qu’un champ de haricots situé au quartier Tomeka, au centre de Laybo, a été entièrement détruit par des animaux en divagation entre le 20 et le 25 juin. Un autre champ de maïs, situé au village Adrangoro, aurait également été détruit entre le 10 et le 15 juillet, avant même l’arrivée à maturité des cultures.
Selon l’auteur de la lettre, les démarches déjà entreprises auprès des autorités n’ont pas permis de mettre fin à cette situation, qui continuerait à affecter quotidiennement les cultivateurs de la région. Il estime que le problème dépasse désormais son cas personnel et constitue une menace pour les moyens de subsistance de plusieurs familles.
« Chaque saison culturale, plusieurs familles voient leurs efforts anéantis. Des mois de travail disparaissent en quelques heures », déplore Martin Abedjoa Pario, qui estime que cette situation « décourage les cultivateurs, fragilise la sécurité alimentaire, accroît la pauvreté et nourrit progressivement des tensions entre agriculteurs et éleveurs ».
Pour faire face à cette situation, l’interpellation préconise notamment l’application stricte de la réglementation sur la divagation des animaux, l’identification systématique des propriétaires des animaux errants, la sensibilisation des éleveurs et l’organisation de réunions communautaires entre agriculteurs et éleveurs. L’implication des chefs de villages, des agronomes et des vétérinaires dans le contrôle de la divagation est également sollicitée.
L’auteur de la démarche appelle par ailleurs les autorités à prendre leurs responsabilités afin d’éviter une aggravation des tensions au sein de la communauté.
« Le silence face à des violations répétées des droits des cultivateurs risque d’être interprété comme une tolérance involontaire de ces pratiques », prévient-il dans cette lettre dont une la rédaction de aruactualite.com détient une copie.
À travers cette interpellation, les cultivateurs de Laybo espèrent une réaction concrète des autorités afin de mettre fin à la divagation des animaux, protéger les cultures et renforcer la paix sociale dans le groupement Mobiri.
Nazaire Ozia le bon

