Dans le centre de négoce d’Ariwara en chefferie des Zaki (territoire d’Aru, Ituri), la question des enseignants vivant en union libre continue de préoccuper les autorités ecclésiastiques. Ce mardi 24 mars 2026, la paroisse Sancta Maria Virgo et Mater a organisé une réunion d’accompagnement à leur intention.
L’initiative a réuni des enseignants des cycles maternel, primaire et secondaire, venus de la paroisse d’Ariwara ainsi que de la paroisse Bienheureuse Anuarite d’Ayiforo. Chefs d’établissement et conseillers pédagogiques ont également pris part à ces échanges, signe que le phénomène dépasse le cadre strictement privé pour toucher la sphère éducative.
Au cœur des discussions : la régularisation des unions conjugales des enseignants, perçus comme des modèles sociaux.
Prenant la parole, l’abbé curé Jean-Claude Ukwanuru n’a pas éludé le sujet :
« Il est difficile de former la jeunesse aux valeurs si ceux qui enseignent ne les incarnent pas eux-mêmes. Le mariage n’est pas une contrainte, mais un engagement responsable », a-t-il insisté.
Derrière cette démarche pastorale, se dessine une réalité sociale persistante dans plusieurs entités de l’Ituri : le recours aux unions libres, y compris au sein du corps enseignant. Une situation qui, selon certains observateurs, fragilise à la fois le cadre familial et le rôle d’exemplarité attendu des éducateurs.
Certains participants reconnaissent d’ailleurs l’enjeu :
« Nous sommes interpellés en tant qu’enseignants. Cette situation doit changer si nous voulons réellement influencer positivement les élèves », a admis l’un d’eux.
D’autres évoquent cependant des contraintes socio-économiques qui freinent la formalisation des unions :
« Beaucoup veulent se marier, mais les moyens financiers restent un obstacle », confie un autre participant.
Malgré ces défis, la paroisse entend passer à l’action. Les organisateurs annoncent déjà la célébration collective de mariages pour les enseignants prêts à franchir le pas, prévue le 30 avril 2026 à l’occasion de la fête de l’enseignement.
Une initiative qui met en lumière un débat plus large : celui de la responsabilité morale des enseignants dans une société où les repères sociaux et familiaux restent en pleine mutation.
Nazaire Ozia Le Bon

