La situation politique en République démocratique du Congo demeure marquée par de fortes tensions, dans un contexte caractérisé à la fois par la persistance de la crise sécuritaire dans l’Est du pays et par des débats sur l’avenir institutionnel de la République.
Alors que le président Félix-Antoine Tshisekedi a donné son accord de principe à l’organisation d’un dialogue national inclusif, l’opposition réunie au sein de la Coalition Article 64, dite C64, a annoncé le report de sa marche pacifique qui était initialement prévue ce mercredi 22 juillet 2026 à Kinshasa.
Cette décision intervient à la suite des appels lancés par plusieurs confessions religieuses, notamment la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et l’Église du Christ au Congo (ECC), qui encouragent la création d’un climat propice à l’ouverture d’un dialogue entre les différentes parties prenantes.
La C64 affirme avoir pris acte de la volonté exprimée par le pouvoir d’engager des discussions nationales. Pour cette plateforme de l’opposition, ces assises devraient notamment permettre d’aborder la crise sécuritaire qui sévit dans l’Est du pays, mais aussi les questions liées à l’ordre institutionnel et à la gouvernance.
L’opposition pose toutefois une échéance. Elle exige la convocation effective d’un dialogue national inclusif au plus tard le 15 août 2026. À défaut, la C64 menace de reprendre ses actions de mobilisation dans les rues.
Pendant ce temps, alors que Kinshasa tente de favoriser l’ouverture d’un nouveau cadre de discussions, le coordonnateur de l’AFC/M23, Corneille Nangaa, rejette catégoriquement toute perspective de dialogue avec le pouvoir congolais.
Dans une vidéo diffusée par ses équipes, Corneille Nangaa accuse les autorités de Kinshasa d’être, selon ses propres termes, un « manipulateur menteur qui ne respecte jamais ses engagements ». Il écarte ainsi l’hypothèse de nouveaux compromis politiques, qu’il qualifie de « compromis hypocrites ».
Pour le responsable de l’AFC/M23, la résolution de la crise congolaise ne devrait pas reposer sur de simples arrangements politiques, mais nécessiterait une profonde refondation de l’État. Il met notamment en avant quatre priorités : la mise en place d’une armée dissuasive, d’une police protectrice, d’une justice indépendante et d’une administration fonctionnelle.
Ces différentes prises de position témoignent de la complexité du processus politique en cours en République démocratique du Congo. Si le pouvoir et une partie de l’opposition semblent désormais privilégier la voie du dialogue, le rejet exprimé par Corneille Nangaa constitue un défi important pour l’ambition d’un processus qui se veut véritablement inclusif.
Le principal enjeu reste donc de taille pour les autorités congolaises et les différents facilitateurs : parvenir à réunir autour d’une même table les acteurs concernés par la crise, alors que les divergences demeurent profondes sur les questions sécuritaires, institutionnelles et politiques.
Dans ce contexte, la réussite d’un éventuel dialogue national dépendra largement de la capacité des différentes parties à surmonter leurs divergences et à privilégier une démarche susceptible de contribuer à la recherche d’une issue durable à la crise que traverse la République démocratique du Congo.
Nazaire Ozia le bon

