Le centre de Tora, dans le territoire de Watsa, province du Haut-Uélé, est sous le choc. Deux jeunes filles ont trouvé la mort après une dispute qui a basculé dans la violence extrême. Selon les premiers témoignages recueillis sur place, tout est parti d’un différend entre deux adolescentes avant de dégénérer en tragédie. En quelques minutes, une rivalité ordinaire s’est transformée en drame familial et communautaire.
D’après un habitant de la région, la dispute opposait une jeune fille de l’ethnie Mbetu à une autre originaire du territoire d’Aru, résidant à Tora en chefferie des Zaki. La jalousie aurait été l’étincelle. Dans un accès de colère, la jeune fille Mbetu aurait poignardé la petite sœur de sa rivale. Face à l’horreur, la grande sœur de la victime, aveuglée par la douleur et la rage, aurait à son tour porté un coup mortel à celle qui venait de tuer sa cadette. Bilan : deux morts, deux familles brisées, une communauté entière marquée par la stupeur et la tristesse.
Les circonstances exactes de ce drame restent encore floues. Comment une dispute entre jeunes a-t-elle pu finir avec une arme blanche ? Où étaient les adultes ? Pourquoi la parole, le dialogue, les aînés du quartier n’ont-ils pas pu intervenir à temps ? Autant de questions qui tournent dans les esprits à Tora depuis l’annonce du double décès. Les autorités locales ont promis d’ouvrir une enquête pour établir les faits, situer les responsabilités et comprendre la chaîne des événements. Mais pour les habitants, la priorité est ailleurs : panser les plaies et empêcher que la colère ne se propage.
Ce drame relance un sujet sensible dans le Haut-Uélé : la gestion des conflits chez les jeunes. Dans une province déjà marquée par plusieurs tensions communautaires, l’absence de mécanismes de dialogue et de médiation fait parfois des dégâts irréparables. Les organisations de la société civile et les leaders locaux répètent le même message depuis des années : une dispute ne se règle pas avec un couteau. Elle se règle avec la parole, avec les parents, avec les chefs de rue, avec les autorités compétentes. Une vie arrachée ne se récupère jamais.
Notons que les autorités de Watsa et de la chefferie des Zaki sont désormais attendues sur le terrain. Enquêtes, sensibilisation, accompagnement psychologique pour les familles et les témoins : le travail sera long. La communauté de Tora a besoin d’être rassemblée, apaisée, encadrée. Car au-delà de ces deux jeunes filles, c’est toute une génération qu’il faut protéger de la violence gratuite et des actes posés sous l’effet de la colère.
Rédaction

