La tension est montée d’un cran dans la chefferie des Zaki. Ce mercredi 29 avril 2026, les forces vives de cette entité territoriale décentralisée se sont fortement mobilisées pour déposer un mémorandum auprès des autorités politico-administratives du territoire d’Aru. Cette démarche citoyenne intervient dans un contexte marqué par une recrudescence inquiétante de l’insécurité, des vols à main armée et des assassinats qui endeuillent particulièrement le centre commercial d’Ariwara. Nous sommes en province de l’ituri, territoire d’aru, chefferie des Zaki en quelque 345 kilomètres de la ville de Bunia au nord-est de la République Démocratique du Congo.
La délégation, composée des représentants de la société civile, des opérateurs économiques et des notables locaux, a été reçue par l’administrateur militaire adjoint du territoire d’Aru, le colonel Robert Mande Bwemba. Visiblement touché par l’ampleur de la mobilisation, l’autorité territoriale a salué la démarche pacifique des forces vives. « Mon cœur est rempli de joie de vous voir nombreux accompagner la société civile de la chefferie des Zaki. Votre présence devant ce bureau administratif prouve qu’il y a un problème et que vous exercez votre droit. Lorsque quelque chose ne marche pas dans l’entité, c’est de cette façon qu’il faut entrer en contact avec l’autorité pour exprimer votre mécontentement dans la paix », a déclaré le colonel Mande Bwemba. Il a ajouté : « Vous êtes venus de loin pour marquer l’amour et la cohésion sociale, et cela nous touche profondément. Votre préoccupation est aussi celle des autorités. Nous tenons compte de vos revendications et nous vous assurons que nous resterons en contact avec vous. Tout le monde sera invité et vous aurez la parole afin que les autorités écoutent votre cri d’alarme. Cela nous permettra de prendre de nouvelles stratégies. Je vous remercie encore une fois. »
Dans le mémorandum remis aux autorités, le coordonnateur de la société civile de la chefferie des Zaki a dressé un tableau particulièrement sombre de la situation sécuritaire. Il a dénoncé une série de vols à main armée, de meurtres et de kidnappings qui sèment la terreur depuis plusieurs mois. Parmi les cas documentés figurent : le 13 février 2026, le vol à main armée chez l’opérateur économique M. Andama, où les malfrats ont emporté 218 000 000 de shillings ougandais ; le 4 juillet 2025, un autre cambriolage chez M. Sezia avec un butin de 425 000 000 de shillings ougandais ; dans la nuit du 5 au 6 novembre 2025, le meurtre de M. Mungusi Enga Faustin, vendeur à l’établissement Akili ni Mali, et celui de M. Edyotre Orodrio Alex, chauffeur de la société Maisha ; dans la nuit du 6 au 7 novembre 2025, l’assassinat de M. James Kenda Odu et la mort du policier Alio Azabho ; le 18 mars 2026, le vol à main armée chez M. Madhira Djadri, avec 90 000 dollars emportés ; le 21 avril 2026, le braquage chez M. Yango, avec 300 000 000 de shillings ougandais volés ; le même jour, des coups et blessures à l’arme blanche et le vol de deux motos appartenant à M. Nzala ; dans la nuit du 23 au 24 avril 2026, plusieurs autres cambriolages ont visé MM. Dieudonné Madri Dhini Titri, Cadeau au quartier Ayikodri, ainsi que la pharmacie Yetu, MM. Fula, Dr Toongo, Tandema, Adhukule Clément et Olivier. À cela s’ajoute un phénomène de kidnapping d’enfants observé dans toute la chefferie et particulièrement au centre commercial d’Ariwara.
Face à cette spirale de violence, la société civile dénonce ce qu’elle qualifie d’« incompétence, d’affairisme et d’inefficacité » des services de sécurité. Elle pointe du doigt les retards d’intervention à Ariwara, la libération jugée suspecte de présumés bandits par la justice, l’auditorat militaire et l’ANR, ainsi que l’absence de moyens logistiques pour les patrouilles.
S’appuyant sur les articles 23, 26 et 27 de la Constitution de la RDC, les forces vives de la chefferie des Zaki ont formulé plusieurs recommandations fermes. Elles exigent la suspension immédiate de toutes les activités sur l’ensemble de la chefferie et au centre commercial d’Ariwara, expriment leur désaveu et retirent leur confiance à tous les services de sécurité en place, et demandent avec insistance le remplacement immédiat de tous les agents de sécurité, notamment ceux de la Police Nationale Congolaise et de l’ANR en poste à Ariwara. Elles réclament également le renforcement des effectifs de la PNC, la dotation des services de sécurité en moyens de locomotion pour garantir des interventions rapides, l’ouverture d’une enquête générale pour démanteler les réseaux criminels et établir les responsabilités de chaque autorité, ainsi qu’une collaboration respectueuse avec les autorités coutumières.
Il convient de noter que depuis le dimanche 26 avril 2026, la chefferie des Zaki et le centre commercial d’Ariwara vivent au rythme d’une journée ville morte. Toutes les activités commerciales ont été suspendues en signe de protestation contre l’insécurité grandissante.
Pour tenter d’apaiser la tension et trouver des solutions urgentes, le comité local de sécurité du territoire d’Aru a annoncé la tenue d’une réunion élargie. Celle-ci est prévue ce jeudi 30 avril 2026 à 10 heures, dans la salle du Renouveau charismatique d’Ariwara. Autorités politico-administratives, services de sécurité, société civile et opérateurs économiques y sont attendus pour examiner des mesures concrètes en vue de restaurer la paix et la sécurité dans la zone.
Job Parquet Madhira

