Un drame a endeuillé la communauté du centre minier d’Apodo, dans la chefferie des Aluru-Adranga, territoire d’Aru. Le lundi 14 avril 2026, aux environs de 10h00, Jérémy Mananasi, un jeune homme de 17 ans originaire de Buta, dans le Bas-Uélé, a trouvé la mort par noyade dans les chutes centrales d’Apodo, situées dans le groupement des Awuko. Fils de Raymond Mananasi et de Biku, la victime était arrivée dans la région depuis environ trois mois pour tenter sa chance dans l’orpaillage.
Selon les informations recueillies auprès du chef de mine de Kopango, Adriko Angwezu, le jeune homme s’était rendu près des chutes pour faire la lessive lorsqu’il a glissé et est tombé dans l’eau. « Hier vers 14h, nous avons reçu un appel du poste minier d’Apodo nous informant du cas de noyade de Jérémy Mananasi. Il était venu faire la lessive, mais il a glissé et est tombé dans l’eau. Il est mort sur place », a-t-il déclaré.
« Ce jeune était arrivé à Apodo pour chercher sa vie en creusant de l’or, mais hélas, la mort l’a surpris trois mois seulement après son arrivée. »
Après plusieurs heures de recherches menées par la population locale, le corps sans vie du jeune homme a été repêché ce mercredi 16 avril 2026, vers 5h00 du matin. Les autorités locales se sont immédiatement rendues sur le lieu du drame. Adriko Angwezu, accompagné du commandant sous-CIAT Kopango, a procédé à la levée du corps pour le remettre à sa famille biologique en vue de l’inhumation.
Ce tragique événement a mis en lumière un problème récurrent dans la zone : le manque d’identification des orpailleurs.
« Nous avons constaté que les gens ne sont pas identifiés, ni chez le chef de groupement, ni à l’administration de la mine, ni à la chefferie. C’est très risqué », a déploré M. Angwezu.
« On ne peut pas continuer à vivre ainsi. On doit avoir l’identité complète de toute personne vivant dans ce milieu. » Il a ainsi chargé le chef du centre minier d’Apodo de procéder à l’identification de tous les orpailleurs, de leurs femmes et de leurs enfants, tant au niveau de la carrière qu’au niveau de l’administration de la mine.
Interrogé par la rédaction du média en ligne aruactualite.com, l’officier de la police judiciaire de Kopango, Yakani Araba Rachid, a confirmé que la présence des agents de sécurité sur place était liée à l’enquête ouverte après l’alerte du chef du centre minier.
« Nous sommes venus pour faire le constat et mener les enquêtes avec les autorités locales, afin de libérer le corps à sa famille biologique après avoir informé la hiérarchie du parquet », a-t-il expliqué.
Il a lancé un appel ferme à tous les nouveaux venus :
« Que vous veniez de Djalasiga, Kandoyi ou Aru, la première chose à faire est de vous rendre auprès des chefs de cette entité pour vous faire identifier. Nous avons peiné pour identifier ce jeune. Si sa mère biologique n’était pas venue, cela aurait été compliqué. Celui qui ne se fera pas identifier au bureau de la police, au bureau de la mine ou au niveau du groupement, nous serons dans l’obligation de l’empêcher de travailler. La loi reste la loi, et nous allons l’appliquer. »
Signalons que le corps de la victime a été remis à ses oncles de la famille Odro, dans le groupement des Ofaka Amba-Edio, en chefferie des Lu, territoire d’Aru, province de l’Ituri, afin que les dispositions soient prises pour l’organisation des obsèques.
Notons que ce drame relance une fois de plus la question de la sécurité autour des cours d’eau et des chutes, particulièrement fréquentés par les jeunes malgré les dangers qu’ils représentent, surtout en cette saison pluvieuse. Les leaders locaux appellent la population, et en particulier la jeunesse, à plus de vigilance et à éviter de s’aventurer dans les zones à risque.
Job Parquet Madhira

