Le climat est électrique ce mardi 7 avril 2026 dans le territoire de Mambasa. Des barricades ont été érigées pour bloquer l’accès aux casques bleus de la MONUSCO, dont la présence « surprise » est vivement contestée par la population locale.
La journée de mardi a été marquée par une vive agitation à R 2 , situé à quelques encablures du chef-lieu du territoire de Mambasa, en province de l’Ituri. Des jeunes en colère ont barricadé la route principale pour empêcher le passage des véhicules de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO).
Réunie en urgence, la structure citoyenne locale dénonce une intrusion non coordonnée avec la base. Pour les leaders communautaires, cette présence soudaine ravive des plaies encore ouvertes.
Interrogé lors de cette réunion de crise, Mugeni Yuma Imorani, coordonnateur de la structure citoyenne de Mambasa, ne cache pas sa stupéfaction :
« Nous avons été surpris par l’arrivée de la MONUSCO à Mambasa. S’il est vrai qu’elle reste un partenaire privilégié de l’État congolais, Mambasa traverse une situation sécuritaire très particulière qui exige de la transparence. »
Le ton est plus acerbe du côté de la jeunesse, qui rejette catégoriquement tout déploiement dans la zone pour éviter une escalade de la violence.
Le ressentiment des habitants s’appuie sur des antécédents douloureux. En 2022, la mission onusienne avait déjà été contrainte de quitter la zone sous la pression populaire.
« En 2022, la MONUSCO a été refoulée de Mambasa à cause de ses manquements. Aujourd’hui, elle réapparaît comme un voleur, et c’est un danger », martèle un leader de la jeunesse locale.
Il ajoute : « Une visite surprise à Biakato pour Mambasa, c’est étrange. Elle n’est pas la bienvenue. Notre besoin n’est pas la présence onusienne, mais l’équipement de nos forces armées (FARDC) en drones et matériels de pointe. »
Face à cette montée de boucliers, l’autorité territoriale a choisi la prudence. Une communication officielle est attendue ce mercredi lors d’une sortie médiatique afin de clarifier les circonstances de ce mouvement de troupes et tenter d’apaiser la situation.
En attendant, la route reste sous surveillance citoyenne, illustrant une fois de plus la rupture de confiance persistante entre les populations de l’Est et la force internationale.
Moïse Musanzalire

