Le centre commercial d’Ariwara, poumon économique du territoire d’Aru (Ituri), traverse une zone de fortes turbulences. En l’espace de quelques jours, le prix du carburant a pris l’ascenseur, plongeant les transporteurs et la population dans une incertitude totale. Entre tensions géopolitiques mondiales et réalités locales, le litre de carburant devient un luxe.
À Ariwara, situé à 345 km de Bunia dans la chefferie des Zaki, le constat est amer. Ce mardi 17 mars 2026, lors d’une ronde effectuée sur place, la réalité des chiffres est frappante. Le prix du litre de carburant, autrefois négocié autour de 4 000 shillings ougandais, désormais entre 6 000 et 7 000 shillings, voire plus chez certains revendeurs.
Cette surchauffe s’explique par un cocktail de facteurs nationaux et internationaux :
- Instabilité à la source : Des perturbations majeures sur les marchés d’approvisionnement.
- Fiscalité : Une hausse des coûts de déclaration de la substance sur le sol congolais.
- Contexte international : Les répercussions de la crise au Moyen-Orient, marquée par des tensions militaires entre l’Iran et la coalition menée par les États-Unis.
Pour les conducteurs de taxis-motos, principaux acteurs de la mobilité locale, l’équation est devenue impossible à résoudre. Augmenter les tarifs du transport fait fuir la clientèle, tandis que maintenir les anciens prix signifie travailler à perte.
« Les clients nous fuient. Si vous demandez un petit supplément sur une course de 2 000 shillings, le client s’emporte et nous taxe de voleurs. Nous ne savons plus comment équilibrer les choses. Nous demandons l’intervention de l’État », déplore un motard interrogé sur place.
Un autre professionnel du guidon renchérit sur le désarroi social que cette crise provoque :
« Nous sommes en train de pleurer. Les clients ne comprennent pas nos explications malgré la réalité du marché. Nous demandons aux opérateurs économiques d’Ariwara de nous aider, car c’est nous qui consommons le plus ce carburant. Actuellement, beaucoup d’entre nous préfèrent ne plus travailler. »
Au-delà du secteur du transport, c’est toute l’économie d’Ariwara qui retient son souffle. Dans cette région où la moto est la « locomotive » du commerce, une hausse durable du carburant laisse craindre une spirale inflationniste immédiate sur :
- Les denrées alimentaires de base.
- Les services de première nécessité.
- Le pouvoir d’achat des ménages, déjà fragilisé.
Alors que la hausse du prix des produits pétroliers s’observe sur l’ensemble du territoire national, l’urgence d’une régulation ou d’un allègement fiscal se fait de plus en plus pressante pour éviter une paralysie totale de ce pôle économique stratégique du Nord-est de la RDC.
Rédaction

