En pleine saison sèche, le territoire d’Aru, dans la province de l’Ituri, est envahi par d’épais nuages de poussière soulevés par la circulation quotidienne. Dans les principales agglomérations la commune rurale d’Aru, le centre commercial d’Ariwara et le centre de négoce d’Ingbokolo les routes en terre battue, non asphaltées, se dégradent davantage sous l’effet du trafic et des conditions climatiques.
Situé à près de 300 kilomètres de Bunia, au nord-est de la République démocratique du Congo, le territoire d’Aru apparaît aujourd’hui comme un espace stratégique sur le plan commercial. Pourtant, malgré son dynamisme économique, les infrastructures de base tardent à suivre.
Une situation aux conséquences multiples
La poussière omniprésente ne constitue pas seulement une gêne passagère. Elle affecte la santé des habitants, perturbe les activités commerciales et détériore progressivement l’environnement urbain. Les commerçants, les conducteurs de motos et de véhicules ainsi que les riverains en subissent quotidiennement les effets.
L’absence d’asphaltage et d’un réseau électrique stable freine également les initiatives locales. Alors que le territoire regorge d’opérateurs économiques actifs, ces derniers doivent souvent compenser les insuffisances structurelles par des moyens privés, notamment par l’usage de groupes électrogènes.
Une interpellation publique
Face à cette réalité, Parquet Madhira Job, journaliste et directeur général du média en ligne aruactualite.com, s’interroge publiquement sur la place qu’occupe Aru dans les priorités des autorités provinciales et nationales.
Selon lui, le territoire semble être écarté des programmes d’infrastructures majeurs. « Depuis des décennies, Aru ne bénéficie ni de routes asphaltées ni d’un courant électrique stable, alors même que les opérateurs économiques s’acquittent de leurs obligations fiscales », déplore-t-il.
Cette prise de position relance le débat sur l’équité territoriale dans la répartition des investissements publics. Aru, rappellent plusieurs acteurs locaux, figure parmi les entités administratives reconnues du pays et contribue aux recettes publiques par son intense activité commerciale.
Un potentiel à consolider
Le territoire d’Aru est souvent décrit comme pacifique, hospitalier et non tribal. Sa position géographique en fait un carrefour commercial important, notamment à Ariwara et Ingbokolo. Les initiatives privées y jouent un rôle déterminant dans la création d’emplois et la stimulation de l’économie locale.
Cependant, pour consolider ce potentiel, les acteurs locaux estiment qu’un appui structurel de l’État s’impose. L’asphaltage des principales artères, l’amélioration du réseau routier secondaire et l’accès à l’électricité sont présentés comme des leviers indispensables pour accélérer le développement.
Un appel à l’action
Au-delà de la dénonciation, l’appel lancé aux autorités se veut constructif. Les élus provinciaux et nationaux d’Aru sont invités à porter cette question au cœur des débats institutionnels. Le gouvernement provincial de l’Ituri et les autorités centrales sont, quant à eux, exhortés à inscrire le territoire dans leurs priorités budgétaires.
Pour de nombreux habitants, la modernisation des infrastructures ne relève pas d’un privilège, mais d’un droit au développement équitable. La question demeure donc posée : Aru fait-il réellement partie des priorités du gouvernement ?
En attendant des réponses concrètes, la poussière continue de recouvrir les artères du territoire, symbole visible d’un besoin pressant d’investissements publics durables.

