En pleine 17ᵉ épidémie de la maladie à virus Ebola dans la province de l’Ituri, l’Union nationale de la presse du Congo (UNPC), sous-section d’Aru, alerte sur la vulnérabilité extrême des professionnels des médias. Faute de formations adaptées et d’équipements de protection individuelle (EPI), les reporters se retrouvent exposés en première ligne sur le terrain.
Le président de l’UNPC sous-section d’Aru, Etsoni Ondoa Isaac, déplore une situation devenue particulièrement préoccupante. Malgré un contexte sanitaire hautement sensible, les journalistes continuent d’assurer leur mission d’information auprès des communautés, sans le moindre bouclier sanitaire.
« Les journalistes sont quotidiennement sur le terrain pour collecter, vérifier et diffuser des informations relatives à l’épidémie d’Ebola. Pourtant, nous ne disposons ni de formation spécifique sur la couverture de ce type d’urgence sanitaire, ni d’équipements de protection individuelle pouvant garantir notre sécurité. Nous sommes exposés au même titre que les autres intervenants de la riposte », s’inquiète Etsoni Ondoa Isaac.
La presse, un pilier incontournable de la riposte
Pour le responsable de l’UNPC, négliger la sécurité des professionnels des médias est une erreur stratégique. Les stations de radio et les journalistes locaux jouent un rôle déterminant pour freiner la propagation du virus en sensibilisant les populations et en bousculant les idées reçues.
« Une presse bien formée et suffisamment protégée constitue un partenaire incontournable de la riposte. […] Il est donc indispensable que leur sécurité soit également prise en compte », insiste-t-il.
Face à ce péril invisible, l’UNPC sous-section d’Aru lance un appel d’urgence aux autorités sanitaires, à la coordination de la riposte ainsi qu’aux partenaires techniques et financiers. L’organisation réclame le déploiement immédiat de sessions de formation dédiées et la distribution de kits de protection.
« Nous demandons aux autorités sanitaires et à tous les partenaires engagés dans la riposte de considérer les journalistes comme des acteurs essentiels de cette lutte », conclut le président de la sous-section.
À ce jour, aucune réaction officielle des autorités sanitaires ou de la coordination de la riposte n’a encore été enregistrée face aux revendications des professionnels des médias d’Aru.
Job Parquet Madhira

